16 février 2014

Militants contre la guerre 1914-1918

Parution de mon livre sur le pacifisme organisé en France pendant la Première Guerre mondiale :
Julien Chuzeville, Militants contre la guerre 1914-1918, formation et action du Comité pour la reprise des relations internationales, éditions Spartacus, Paris, 2014. 136 pages, 10 euros, ISBN 978-2-902963-68-3.



L'ouvrage se concentre essentiellement sur le pacifisme et les opposants à l'Union sacrée au sein du mouvement ouvrier, donc sur le Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI), principale organisation pacifiste en France pendant la guerre de 14-18. Le CRRI regroupa de 1915 à 1919 les militants internationalistes - qu'ils soient syndicalistes, libertaires ou socialistes - dans l'action contre la guerre de 1914-1918, sur l'orientation définie par les conférences internationales de Zimmerwald et de Kienthal (1915-1916). Parmi ces militants "zimmerwaldiens" figurent entre autres Pierre Monatte, Louise Saumoneau, Alfred Rosmer, Alphonse Merrheim, Fernand Loriot, Hélène Brion, Albert Bourderon, Raymond Péricat, Marie Guillot, Emile Hubert, Charles Benoît, Stéphanie Bouvard, Marcel Hasfeld, Jules Lepetit, Lucie Colliard, Charles Rappoport, etc.

Présentation de l'éditeur : Militants contre la guerre 1914-1918 (Formation et action du Comité pour la reprise des relations internationales [la seconde impression du livre, en décembre 2014, a rétabli ce sous-titre qui ne figurait pas sur la première édition de février 2014]).
« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. » : Jaurès l’avait dit et répété, et des congrès successifs de l’Internationale socialiste s’étaient engagés à tout faire pour empêcher le déclenchement d’un conflit. Mais quand, en 1914, malgré la forte agitation sociale que connurent au début de l’année la France, la Russie et l’Allemagne, la machine infernale se mit en route, les socialistes ne lui barrèrent pas le chemin.
La France ne manquait pas de pacifistes ; mais devant les dangers de l’invasion, la mobilisation, la militarisation de la société et la censure, tous furent désemparés et beaucoup se résignèrent. Certains, cependant, osèrent rompre le consensus et voulurent faire entendre la voix d’un pacifisme actif, c’est-à-dire, nécessairement, internationaliste. La paix qu’ils recherchaient était une paix sans tergiversations, « sans vainqueur ni vaincu », une paix – ils en étaient convaincus – que les régimes qui avaient conduit le monde à la guerre ne seraient pas capables d’assurer.
Ces militants – car tous l’étaient avant le début de la guerre – durent mener d’abord le combat dans leurs propres organisations, parti socialiste et syndicats, puis tenter, malgré la censure, l’intimidation et la répression, de faire progresser l’opposition à la guerre. Le Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI) qu’ils créèrent fut le centre nerveux du pacifisme militant en France de 1915 à 1918 ; Zimmerwald et Kienthal, mais aussi la prison et les procès, furent les étapes de leur campagne.
La paix des vainqueurs ne fut pas celle pour laquelle ils s’étaient battus et ils savaient qu’elle portait en elle l’annonce d’un nouvel orage. Mais en maintenant vivace l’internationalisme socialiste, leur action résonna encore bien après que le CRRI eût cessé d’exister.

Sommaire :
Chapitre I : Eté 1914, le mouvement ouvrier submergé
Chapitre II : Des voix dans le no man's land
Chapitre III : L'appel de Zimmerwald
Hors texte : Projet de résolution des socialistes du CRRI pour le congrès de la SFIO, décembre 1915
Chapitre IV : L'essor du CRRI
Hors texte : Tract du CRRI, février 1916
Hors texte : Manifeste de Kienthal, avril 1916
Chapitre V : Le mur de la censure et de la répression
Chapitre VI : 1917, la révolution n'aura pas lieu
Chapitre VII : L'armistice à l'horizon
Chapitre VIII : Survivre à la guerre ?
Chapitre IX : Révolutionnaires sans révolution
Epilogue
Annexe : Liste des publications du CRRI
Bibliographie et archives

"Pour éviter les guerres, supprimons les frontières"

Tract du Comité pour la reprise des relations internationales, publié en février 1916.
 
Sceau de la police sur une liasse de tracts pacifistes saisis en 1916. Il s'agit de tracts du CRRI publiant le Manifeste adopté par la Conférence socialiste internationaliste de Kienthal (symboliquement daté du 1er mai 1916).

Extrait d'un rapport de police du 31 mai 1917 (AN F 7/13575).
"Assez d'hommes tués : la Paix". Papillon pacifiste diffusé à partir du printemps 1917.
Tract publié en mai 1917, pendant la vague de grèves.